Un inédit sur l’informatique (1984)

En 1982, Warus propose aux Éditions du Seuil, alors dirigées par Michel Chodkiewicz (qu’il connaît depuis l’époque de la revue Atomes) d’écrire un ouvrage de synthèse sur l’informatique.

Un document manuscrit qu’il réalise à cette occasion explique “pourquoi un livre sur l’informatique en 1982 ?“. Considérant que le développement de la micro-informatique représente un tournant, il y voit “un phénomène de société” comme fut l’essor de l’automobile “après la sortie de la Ford T et, en France, des premières Citroên de série”.

S’exprimant aussi sur un plan plus personnel (ce qui ne lui était pas si familier), il y affirmait que pour ce projet “j’ai l’enthousiasme du lycéen de 16 ans depuis ma première calculette Hewlett-Packard”.

Jean-Marc Levy-Leblond, alors directeur de collection au Seuil, accepte son projet et le prend en mains. Fort de cet accord éditorial, Warus lui adresse donc les premiers chapitres en avril 1984.

Selon le plan qu’il établit alors, le livre devrait comporter 13 chapitres. Sa première partie (intitulée alors “le dur”) décrira la naissance de l’industrie informatique, le fonctionnement des ordinateurs et de leurs périphériques et se terminera sur un chapitre spécifique concernant la micro-informatique, qui est alors la nouvelle ère de la révolution informatique.

Sa seconde partie (intitulée, tout aussi provisoirement, sans doute) “le mou” traitera des langages de programmation, des logiciels et plus largement des différents applications de l’informatique. Le chapitre conclusif ouvrirait pour sa part sur l’avenir (“Demain”) et évoquerait la perspective de l’intelligence artificielle.

Bien que l’envoi de ses premiers chapitres ait été favorablement reçu par les Éditions du Seuil, ce projet d’ouvrage ne fut pas mené à bien, sans que, à ce jour, l’on sache bien pourquoi : réticence ultérieure de l’éditeur ? inachèvement par l’auteur ? …

Mais ce travail n’a pas tout à fait été perdu. Dans ses archives personnelles, Warus a conservé le tirage de plusieurs chapitres de ce livre inachevé. Portant avant tout sur la première partie de l’ouvrage, ils nous apportent aujourd’hui une image de la manière dont on pouvait percevoir le développement de l’informatique il y a trente ans.

Malgré la qualité visuelle assez faible de ces documents, les voici pour la première fois rendus publics. Outre leur intérêt désormais historique sur une période-clé où apparaissaient sur le marché les premiers micro-ordinateurs modernes (MacIntosh, PC d’IBM en particulier), ils nous permettent de juger de la manière dont Warus exerçait sa fonction de vulgarisateur de la science mathématique et de ses applications.

En voici les premiers chapitres :